
[[Catégorie:Seconde Guerre mondiale]] [[catégorie:histoire militaire]]
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La '''Seconde Guerre mondiale''' (également intitulée ''la grande guerre patriotique'' en [[Russie]] et ce qui était l'[[Union des républiques socialistes soviétiques|Union soviétique]]) est le conflit armé le plus vaste que l'Humanité ait connu, tuant environ 2&nbsp;% de la population mondiale, soit 56 millions de personnes, dont une grande partie de civils. Elle a commencé en [[1939]], et même en [[1937]] en [[Asie]], pour se terminer en [[1945]]. Ce conflit opposa, de façon schématique, deux camps : les [[Alliés]] et l'[[Axe]].

* '''[[Alliés]]''' : [[Australie]], [[Belgique]], [[Canada]], [[Chine]], [[France]], [[Norvège]], [[Pays-Bas]], [[Pologne]], [[Royaume-Uni]], puis l'[[Union des républiques socialistes soviétiques|Union soviétique]], les [[États-Unis d'Amérique]] à partir du 7 décembre [[1941]], le [[Mexique]] à partir de [[1942]].
* '''[[Axe Rome-Berlin|Axe]]''' : [[Allemagne]], [[Autriche]], [[Hongrie]], [[Finlande]], [[Italie]], [[Japon]], [[Roumanie]].

* États qui conservèrent leur neutralité : [[Espagne]], [[Irlande (pays)|Irlande]], [[Portugal]], [[Suède]], [[Suisse]], [[Turquie]]

''Article détaillé : [[Pays impliqués dans la Seconde Guerre mondiale]]''

La Seconde Guerre mondiale est tristement célèbre pour le sommet de souffrance auquel l'humanité s'est elle-même soumise : la [[déportation]] en [[camp de concentration|camps de concentration]] et [[camp de travail|camps de travail]] et l'extermination de populations entières ([[Juif]]s, [[Slave]]s, [[Tzigane]]s, [[homosexualité|homosexuel(le)s]], [[Témoins de Jéhovah]], etc.) commandées par le régime [[nazisme|nazi]] ; les [[meurtre]]s systématiques de partisans [[communisme|communistes]] et de [[Résistance|résistants]], ainsi que les représailles contre les civils, par les [[nazisme|nazis]] ; les massacres massifs de populations et de combattants perpétrés par les forces japonaises principalement en [[Chine]] ; les expérimentations sur des êtres humains auxquelles se livrèrent des médecins nazis et des [[Unité 731|unités japonaises]] ; les bombardements aériens massifs de civils d'abord par l'Axe ([[Coventry]] en Angleterre, [[Rotterdam]] aux Pays-Bas) puis par les Alliés sur une échelle bien plus grande avec du [[napalm]] : [[Tokyo]] au Japon, [[Dresde]] (35&nbsp;000 morts) et [[Hambourg]] en Allemagne. Et pour la première et unique fois en plus de 50 ans, la [[Arme nucléaire|bombe atomique]] fut utilisée contre un pays : deux bombes&nbsp;A larguées par les [[États-Unis d'Amérique|États-Unis]] ont [[Explosion atomique|explosé]] à trois jours d'intervalle, à [[Hiroshima]] et [[Nagasaki]] au [[Japon]].

==Bref résumé==

Dès [[1936]] les futurs belligérants [[europe (continent)|européens]] de la Seconde Guerre mondiale commencent à s'affronter plus ou moins directement dans le cadre de la [[Guerre civile espagnole]]. Dans le camp républicain, combattirent sous commandement espagnol, les brigades internationales composées d'engagés volontaires communistes venus surtout d'Europe centrale et de France, des républicains allemands et italiens et des démocrates anglo-saxons, parmi lesquels on trouvera [[André Malraux]] et [[George Orwell]]. Dans le camp franquiste, à part quelques centaines de volontaires irlandais et une compagnie française, intervinrent surtout plusieurs divisions italiennes de "Chemises noires" commandées par des généraux italiens et une légion allemande "Condor", composée d'aviateurs de la Luftwaffe sous commandement allemand, qui vinrent, par roulement, s'entraîner à leurs missions de bombardement sur les populations espagnoles. 


À l'[[Exposition universelle|exposition internationale]] de [[1937]], les pavillons allemand et soviétique, situés face à face, s'opposèrent symboliquement.


Dès [[1937]], également débute l'affrontement entre le [[Japon]] et la [[Chine]] ([[Guerre sino-japonaise (1937-1945)]]).

Mais la Seconde Guerre mondiale commmença officiellement en Europe, lorsque la [[France]] et le [[Royaume-Uni]] déclarèrent la guerre à l'[[Allemagne]] le [[3 septembre]] [[1939]], en réaction à l'invasion allemande de la [[Pologne]] le [[1er septembre]] [[1939]], un [[traité]] les liant à ce pays. L'[[Union des républiques socialistes soviétiques|Union soviétique]], récupéra de son côté la partie est, convenue dans le [[pacte Molotov-Ribbentrop|pacte germano-soviétique]](qui correspondait aux provinces que les Polonais lui avaient arrachées en 1919-20, au-delà de la ligne Curzon) et les pays baltes.  Puis elle attaqua la [[Finlande]] le [[30 novembre]] [[1939]] avec laquelle elle signa une paix à [[Moscou]] le [[12 mars]] [[1940]], après y avoir été confrontée à une résistance inattendue. <br />
Aprés avoir écrasé l'armée polonaise, l'Allemagne envahit à leur tour, le 9 avril 1940, le Danemark et la [[Norvège]], puis en repoussa le corps expéditionnaire du Royaume-Uni et de la France.<br />
Les commandements militaires français et britannique ne prenant plus aucune initiative militaire, nulle offensive n'intervint pendant plusieurs mois (« [[Drôle de guerre]] ») jusqu'à l'invasion soudaine des [[Pays-Bas]], du [[Luxembourg]], de la [[France]] et de la [[Belgique]] par l'Allemagne en [[juin 1940|mai-juin 1940]] (''Blitzkrieg'' ou guerre-éclair). L'armée belge capitula en mai 1940. L'Italie se joignit à l'Allemagne et déclara la guerre le 10 juin 1940. Puis en France, le gouvernement Pétain succédant le 16 juin 1940 à celui de Paul Reynaud, fit l'armistice.<Br/>
Contre l'attente des stratèges nazis et des généraux français battus, l'Angleterre fit front avec succès à l'aviation allemande, car, bien que faible en forces terrestres (puisqu'elle avait fait l'erreur de supprimer son service militaire entre les deux guerres), elle disposait d'une flotte puissante, d'une bonne aviation, et avec Churchill d'un bon moral. <br />
La Grande-Bretagne disposa aussi de l'aide d'abord économique des États-Unis, puisque ceux-ci, tout en étant officiellement neutres vont la ravitailler. Roosevelt obtient du Congrès en mars 1941, le vote de la loi "Prêt-Bail", qui va lui permettre d'apporter une aide matérielle illimitée à l'Angleterre et à ses alliés.

Hitler, désespérant de prendre l'Angleterre et de l'amener à faire la paix érigea une puissante chaîne de fortifications sur les côtes de l'Atlantique et de la Manche, et décida de s'attaquer à la Russie. Mais l'armée italienne faciste venait d'attaquer, à partir de l'Albanie, la Grèce qu'elle croyait sans défense. Or c'est l'armée grecque du dictateur nationaliste Metaxas qui fut victorieuse : Après avoir contenu l'attaque de l'armée de Mussolini, l'armée grecque la repoussa et envahit à son tour l'Albanie italienne. <br />
C'est alors que, pour prêter main forte aux Italiens, Hitler repoussa de plusieurs mois l'opération contre la Russie, et envoya en avril 1941 ses troupes vers la Grèce, à travers la Hongrie sympathisante et la Yougoslavie proalliée, où les envahisseurs nazis furent aidés par les traitres croates nationalistes de Pavelich.
Vainqueur en apparence, Hitler écrasa les armées yougoslaves et grecques, ce qui lui permit d'occuper tout le sud de l'Europe. Mais, du même coup, il venait:
* de se créer un front supplémentaire en Yougoslavie, où les résistances nationaliste de Mihaïlovitch (Tchetniks) et communiste de Tito (Partisans), allaient lui immobiliser 20 divisions depuis la fin de 1942 jusqu'à la fin de la guerre
* de retarder de plusieurs mois l'expédition Barbarossa qui ne commença que le [[22 juin]] [[1941]]. 
Si bien que, malgré une avance foudroyante et la capture de nombreux soldats, la Wehrmacht allait être stoppée en décembre 1941, à quelques km de Moscou sous un froid glacial et sans équipement adéquat. Les Soviétiques lancèrent alors avec leurs troupes sibériennes une offensive d'hiver qui oblige les envahisseurs à reculer. Selon la propagande nazie, il s'agît d'un "repli élastique". <br />
À partir de ce moment, c'est la campagne de Russie qui allait accaparer l'essentiel des efforts militaires allemands, et conduire Hitler à ne consacrer que des efforts insuffisants au front de Libye, alors qu'avec des renforts plus importants, Rommel aurait pu atteindre le canal de Suez. <br />
Le 7 décembre 1941 les Japonais détruisent la flotte américaine du Pacifique à Pearl Harbor. Mais en laissant échapper ses porte-avions.
Les Japonais envahirent alors les Philippines et les Indes néerlandaises, en janvier-août 1942, ainsi que tout le Sud-Est asiatique. Ils ne furent arrêtés qu'en Birmanie. <br />
Mais au début de juin 1942, la bataille aéro-navale des îles Midway leur coûta 4 porte-avion. Ils furent désormais placés sur la défensive dans le Pacifique. Les États-Unis commencèrent alors la reconquête du Pacifique, île par île. <Br/>
Mais Roosevelt, bien qu'entré en guerre à la suite de l'agression japonaise, avait compris que l'ennemi principal était l'Allemagne, qui avait fait la sottise de lui déclarer la guerre en décembre 1941. Or l'Union soviétique, menacée par une nouvelle offensive dans le secteur de la Volga et en direction des pétroles du Caucase, supportait presque seule l'effort de guerre en Europe. <br />
Un second front devait donc être créé d'urgence pour la soulager. Après des hésitations, Churchill et Roosevelt se décidèrent pour l'Afrique du Nord, où Roosevelt, désinformé par ses représentants Leahy et Murphy, espérait, contre tout réalisme, le ralliement de l'armée de Vichy.
Ce fut l'[[Opération Torch]], qui se traduisit par le débarquement des Forces alliées en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942. <Br/> 
En réalité, les généraux de Vichy accueillirent les alliés à coups de canon à Oran et au Maroc, tandis qu'ils livraient la Tunisie et sa flotte de Bizerte, sans un seul coup de revolver, à une poignée de Germano-Italiens. <br />
Le débarquement réussit cependant à Alger, grâce à la résistance française et à son [[putsch du 8 novembre 1942]], à surmonter la résistance initiale de l'armée d'armistice. <Br/>

À la suite de quoi l'Armée d'Afrique rentra en guerre dans le bon camp et 
participa à la campagne de Tunisie, puis à celle d'Italie et enfin au débarquement en Provence. 

L'Allemagne coula deux navires [[Mexique|mexicains]] au cours du mois de mai [[1942]]. Devant son refus de payer des dommages et intérêts, le parlement mexicain lui déclara la guerre le [[2 juin]] [[1942]], suivi par d'autres États latino-américains. L'aviation mexicaine participera à la guerre du Pacifique. Après le débarquement allié en [[Italie]], celle-ci changea de camp en [[1943]], suivie, à l'approche des troupes soviétiques, par la [[Roumanie]] et la Hongrie en [[1944]].<br />

L'Allemagne [[allemagne nazie|nazi]]e capitula le [[7 mai]] [[1945]], et c'est officiellement le [[8 mai]] [[1945]] qu'est proclamé l'armistice qui met fin à la guerre en Europe. Le [[8 mai]] est depuis lors (hormis en 1981 à titre expérimental) un jour férié en [[France]]. <Br/>
En Asie, la guerre ne s'acheva que le [[2 septembre]] [[1945]], lorsque le [[Japon]] reconnut sa défaite et capitula sans condition après le largage, par les États-Unis, des deux premières [[bombe atomique|bombes atomiques]] sur les villes d'[[Hiroshima]] et de [[Nagasaki]].

Les [[gaz de combat]] ne furent utilisés que contre les civils, notamment dans les camps d'extermination. Pourtant les deux camps en possédaient. Des réserves importantes de gas ''tabun'' et ''sarin'' furent retrouvées en Allemagne en 1945, suffisantes pour tuer des millions de personnes. Elles furent immergées dans des caissons de béton sous la Manche. On s'inquiète de leur état de conservation aujourd'hui.

''Article détaillé :[[Chronologie de la Seconde Guerre mondiale]]''

==Origines==

===En Europe===

Après la [[Première Guerre mondiale]] et le [[traité de Versailles]] de [[1919]] s'était posé le problème de la compensation que l'Allemagne devrait payer aux vainqueurs. Le Royaume-Uni obtint les [[colonie]]s et la France, sur le sol de laquelle s'était passé une grande part des combats, le paiement d'une forte indemnité ainsi que la récupération des deux provinces (l'[[Alsace]] et la [[Moselle (département)|Moselle]]) annexées par [[Otto von Bismarck|Bismarck]] après la [[Guerre franco-allemande de 1870|guerre de 1870]]. Les [[États-Unis d'Amérique]] étaient devenus de gros créanciers et appliquant strictement, ayant eux-mêmes subi de lourdes pertes, les dettes d'achats de matériel de guerre et de carburant par leurs alliés. 

La Russie et ses satellites immédiats étaient devenus l'Union soviétique [[communiste]], tandis que de nouveaux États étaient créés en Europe centrale en particulier par le démembrement de l'empire austro-hongrois.

En Allemagne, les difficultés économiques (inflation galopante des [[années 1920]]) et politiques (la faiblesse de la République de Weimar) permirent à un parti nationaliste, le [[NSDAP]] (national-socialiste, ou nazi) et à son chef [[Adolf Hitler]] de prendre le pouvoir légalement en [[1933]]. Très vite, Hitler restaura en Allemagne le [[service militaire]] généralisé interdit par le traité de Versailles, remilitarisa la Rhénanie ([[1936]]) et mit en œuvre une [[politique]] étrangère agressive destinée à regrouper au sein d'un même [[État]] les populations [[langue allemande|germanophones]] d'Europe centrale, en commençant par l'[[Autriche]] (''[[Anschluss]]'', mars [[1938]]) et l'[[ouest]] de la [[Tchécoslovaquie]] ([[Sudètes]], en septembre 1938). L'annexion des Sudètes fut entérinée à [[Munich]] en [[septembre]] [[1938]] lors d'une conférence où le français [[Édouard Daladier]] et l'anglais [[Neville Chamberlain]] se fiaient aux dires d'Hitler selon lequel ce serait la ''dernière revendication'' du [[IIIe Reich|III<sup>e</sup> Reich]]. Celui-ci occupa pourtant peu après de vastes pans de la [[Tchécoslovaquie]] : la [[Bohême]] et la [[Moravie]] (mars [[1939]]). Hitler s'empara également de [[Memel]] en [[Lituanie]].

Le corridor de [[Gdansk|Dantzig]] (aujourd'hui Gdańsk), ancienne ville [[Prusse|prussienne]] détachée de l'Allemagne après [[1918]], constituait un élément important d'instabilité, car [[Berlin]] revendiquait désormais ouvertement sa restitution. En outre, depuis [[1922]], l'Italie était sous le joug d'un autre [[Parti national fasciste|parti fasciste]], dirigé par [[Benito Mussolini]].

===En Asie===

Le Japon, modernisé à partir de l'[[ère Meiji]], développa depuis la fin du [[XIXe siècle]] sa puissance [[économie|économique]] et militaire, s'accordant ainsi une place centrale et peu à peu hégémonique en [[Extrême-Orient]].

Dès [[1894]], le Japon affronte la Chine au sujet d'une controverse sur la [[Corée]]. Cette [[guerre sino-japonaise|guerre]], où de nombreux commentateurs prédisaient la victoire de la Chine [[empereur|impériale]] face au petit Japon, vit l'armée nippone écraser les forces chinoises, notamment grâce à leur supériorité technologique. De cette victoire, le Japon obtint la cession de [[Taiwan]], des îles [[Pescadores]] et de la presqu'île du [[Liao-dong]]. 

Mais la [[Russie]], y voyant un moyen d'accroître sa domination locale, paie les dettes de guerres de la Chine auprès du Japon et, soutenu par l'Allemagne et la France, humilie [[Tokyo]] en imposant la restitution de la péninsule de Liao-dong à la Chine. La Russie et le Japon sont à ce moment impliqués dans une lutte d'influence dans la partie nord-est de la Chine, alors dominée par les puissances occidentales. La Russie obtient la concession de la construction du « [[transmandchourien]] » et accroît sa présence militaire dans le secteur, avec notamment la création d'une base navale à [[Port-Arthur]], dans la partie sud de la péninsule de Liao-dong. La politique agressive des Russes les menant à s'intéresser à un développement de leur influence dans toute la [[Mandchourie]] et en Corée, le Japon s'en inquiète et tente dans un premier temps de négocier un partage des aires d'influence en Mandchourie. Mais [[Moscou]] les mésestime et la conciliation n'aboutit pas.

C'est pourquoi en [[1904]] les Japonais détruisent sans déclaration de guerre la flotte russe dans la rade de Port-Arthur. Le Japon, bien préparé, a ainsi la domination des mers et est proche de ses bases. À l'inverse, minée par des tensions internes, dirigée à l'est par un commandement incompétent et ne parvenant pas à assurer une liaison efficace avec l'ouest en raison d'un transsibérien à voie unique, la Russie ne peut faire le poids et essuie de lourdes défaites. La [[guerre russo-japonaise]] se solde en [[1905]] par une armistice qui humilie la Russie, laissant au Japon le Liao-dung, la moitié de l'île de [[Sakhaline]] et la prééminence sur la Corée. Le Japon devient le premier pays asiatique à avoir vaincu une puissance occidentale, ce qui lui confère un prestige qui restera intact jusqu'en [[1945]].

En [[1914]], le Japon déclare la guerre à l'Allemagne et récupère à la fin de la [[Première Guerre mondiale|guerre]] les possessions allemandes du [[océan Pacifique|Pacifique]]. En [[1931]], au prétexte d'incidents transfrontaliers, le Japon envahit le nord de la [[Chine]] qui devient en [[1932]] le [[Mandchoukouo]], État indépendant sous protectorat japonais. L'année suivante, le Japon quitte la [[SDN]], puis, en [[1937]], profitant de la faiblesse d'une Chine secouée par la [[guerre civile]] entre les troupes communistes et républicaines, il occupe une partie nord-est de ce pays. La tentative d'occupation de la Manchourie est brisée par l'[[Union des républiques socialistes soviétiques|Union Soviétique]].

Pour permettre l'accomplissement de son expansionisme militaire sur l'Asie orientale et le contrôle des ressources de l'Asie du Sud est il lui faut cependant détruire la principale menace qui subsiste dans le Pacifique : la force navale américaine basée à [[Hawaii]].

== Théâtre européen==

Après s'être assuré que l'[[Union des républiques socialistes soviétiques|URSS]] participerait au démembrement des pays entre eux en signant le [[pacte Molotov-Ribbentrop]], Hitler lança ses armées sur la Pologne, le [[1er septembre]] [[1939]], sans faire de déclaration de guerre à celle-ci (voir: [[Opération Himmler|incident de Gleiwitz]]). En application des alliances et parce qu'ils agissaient avec un mouvement de retard, la France et le Royaume-Uni déclarèrent la guerre à l'Allemagne, mais n'apportèrent aucune aide à la Pologne. Les Allemands utilisèrent alors pour la première fois la tactique de la « guerre éclair » (''[[Blitzkrieg]]''), qui assura à la [[Wehrmacht]] une victoire rapide malgré la contre-offensive de la Bsura. L'URSS prit alors sa part de la Pologne ainsi que les [[pays baltes|États baltes]], et se lança dans une attaque difficile de la Finlande pour lui prendre la Carélie. <br />
Après sa première campagne victorieuse, Hitler se tourna vers l'ouest, mais rien ne se passa sur ce front pendant plusieurs mois. Retranchés derrière la [[ligne Maginot]], les Français attendaient l'assaut allemand pour l'endiguer. C'est la ''drôle de guerre''. Mais la stratégie française du généralissime Gamelin fut prise en défaut lorsqu'en mai [[1940]], l'Allemagne lança l'opération Marita, une vaste offensive sur les Pays-Bas, la Belgique, le [[Luxembourg]] violant la neutralité de ces États, puis à travers les Ardennes – la [[percée de Sedan]] – afin de prendre à revers la ligne Maginot. <br />
Les armées franco-britanniques, se repliant vers le nord pour éviter l'encerclement, se retrouvèrent finalement piégées autour de Dunkerque. L'armée britannique évacua à [[Opération Dynamo|Dunkerque]] en abandonnant son équipement lourd, et de très nombreux soldats français furent faits prisonniers. Gamelin démissionna. Il fut remplacé par le général Weygand, qui mit en place une ligne de défense le long de la somme, jusqu'à la ligne Maginot. Cette action ne pouvait guère être qu'un baroud d'honneur, la France n'ayant plus de réserve. Après quelques jours de combats acharnés, cette ligne fut percée. Dès lors, plus rien ne put enrayer l'avancée nazie. Le [[Régime de Vichy|gouvernement français provisoire]] fut contraint de signer un [[armistice]], le 22 juin (à [[Rethondes]] dans le [[wagon de l'armistice]]), laissant à l'Allemagne le contrôle de la partie nord et ouest de son territoire et acceptant la réannexion de l'Alsace et de la Moselle. <br />
Pendant ce temps, l'Italie avait aussi attaqué la France, mais ne progressait que de quelques kilomètres, stoppée par la forte résistance des rares unités françaises qui défendaient la frontière en Provence.

L'Allemagne fut cependant incapable de détruire la [[Royal Air Force]] dans la [[Bataille d'Angleterre]]. Ainsi, elle ne put obtenir la supériorité aérienne nécessaire pour envahir les îles britanniques. Par conséquent, elle commença une campagne de bombardement (dite le [[Blitz]], ''l'éclair''), notamment sur des villes comme [[Coventry]] et un blocus (dit [[Bataille de l'Atlantique (1940)|Bataille de l'Atlantique]]) par sous-marins pour affaiblir le Royaume-Uni. Mais ce fut un échec car l'Allemagne ne parvint pas à briser la résistance britannique.

Voyant les succès de l'Allemagne, Mussolini voulut aussi lancer son pays dans les conquêtes. Il avait déjà occupé l'Albanie au début de [[1939]], et il décida d'attaquer la Grèce. Mais la résistance grecque fut farouche et les Italiens reculèrent en Albanie. L'Allemagne intervint, vainquit rapidement la Grèce et l'occupa. Afin de s'assurer le contrôle de l'ensemble des Balkans, l'Allemagne attaqua également la Yougoslavie.

En juin [[1941]], l'Allemagne attaqua l'Union soviétique lors de l'[[opération Barbarossa]] et prit de grandes portions de territoires, capturant de nombreux soldats. Cependant, les Soviétiques déplacèrent leur base industrielle dans l'[[Oural]], tandis qu'une défense tenace aidée par un climat difficile leur permit de ne pas évacuer des centres importants comme [[Moscou]] et [[Saint-Pétersbourg|Leningrad]].

Au printemps [[1942]], l'armée allemande reprit l'offensive en concentrant celle-ci vers les champs de pétrole du [[Caucase]], au sud. À la fin de l'année, la VI<sup>e</sup> armée, avec plus de 300&nbsp;000 hommes, fut détruite à [[Bataille de Stalingrad|Stalingrad]] qui représentait un verrou pour le contrôle du Caucase. En [[1943]], la ''[[Wehrmacht]]'' reprit l'initiative à la [[seconde bataille de Kharkov|Kharkov]] mais fut brisée à la grande [[Bataille de Koursk|bataille de Koursk]].

En [[1943]], après un débarquement en [[Sicile]], puis un autre dans la péninsule italienne, les Alliés avancèrent en Italie. Mussolini chassé, le pays capitula et se rangea du côté des Alliés. Néanmoins, l'Allemagne put tenir une ligne de défense dans les montagnes qui freina cette progression dans la péninsule.

Les alliés prirent pied en [[Normandie]] avec l'[[opération Overlord]] à partir du 6 juin [[1944]], puis en août (à partir du 15), en [[Provence]] avec l'[[opération Anvil Dragoon]], pour libérer la France et ouvrir un deuxième front soulageant les forces soviétiques. L'Allemagne tenta une contre-offensive désespérée dans la [[Bataille des Ardennes]] en décembre, où elle perdit ses dernières réserves militaires. <br />
En [[1945]], les Alliés purent franchir le [[Rhin]] et occuper de vastes secteurs de l'ouest et du sud de l'Allemagne, tandis que, à l'est, les Soviétiques progressaient de façon continue, libérant l'Europe centrale puis atteignant [[Berlin]]. Hitler se suicide le [[30 avril]]. L'Allemagne ayant perdu la guerre elle se rend sans condition le [[8 mai]] [[1945]]. Le troisième Reich pour lequel Hitler prédisait une durée d'un millénaire n'aura finalement semé la destruction qu'un peu plus de 12 ans.

== Théâtre africain et du Moyen-Orient ==

L'armée italienne, partant de sa colonie de libye, attaqua les troupes britanniques et du [[Commonwealth]] en [[Égypte]], mais fut mise en déroute jusqu'à ce que l'Allemagne la renforce. Des combats se succédèrent alors, dans le désert d'Afrique du nord, entre les forces italiennes appuyées par l'[[Afrika-Korps]] de [[Erwin Rommel|Rommel]] et la 8e armée britannique, jusqu'à la [[bataille d'El Alamein]]. Celle-ci mit fin à la présence de l'Axe en Libye, quelques jours aprés le succés du débarquement allié en Afrique du Nord. <Br/>
Le 8 novembre 1942, en effet, pour soulager l'Union soviétique qui résistait seule à l'assaut allemand, les forces américaines et anglaises avaient débarqué par l'[[Opération Torch]], au [[Opération Torch|Maroc]] et en Algérie contrôlés par le gouvernement de Vichy.
Roosevelt, désinformé par ses représentants Leahy et Murphy, espèrait, contre tout réalisme, le ralliement de l'armée de Vichy.<Br/>
Malheureusement les généraux de Pétain accueillirent les alliés à coups de canon à Oran et au Maroc, tandis qu'ils livraient, sans un seul coup de revolver, à une poignée de Germano-Italiens, la Tunisie et sa flotte de Bizerte. <br />
Le [[débarquement allié en Afrique du nord]] réussit cependant à Alger, où 400 patriotes français réussirent à neutraliser le 19ème Corps d'Armée vichyste pendant une quinzaine d'heures. Ainsi cet audacieux [[putsch du 8 novembre 1942]] permit-il aux Alliés d'encercler Alger et d'obtenir, le jour même la capitulation du Général Juin et l'amiral Darlan, à 17 heures. Controlant dès le premier jour un grand port intact, le succés du débarquement est assuré. Il resta au général Clark, qui tenait à sa merci les chefs de l'Armée d'Afrique, à obliger sous la menace Juin et Darlan, aprés 3 jours de pression, à ordonner le cessez le feu à Oran et au Maroc. <br />
A la suite de quoi l'Armée française d'Afrique rentra en guerre dans le bon camp et participa à la campagne de Tunisie puis à celle d'Italie et enfin au débarquement en Provence. <br />
En effet, les alliés chassèrent finalement l'Axe du continent africain, avec l'aide des Français des Forces Françaises Libres et de l'armée d'Afrique retournée. Et c'est d'Afrique du Nord que les Alliés purent alors organiser les débarquements en [[Sicile]] et en Italie en [[1943]], et en [[Provence]] en [[1944]].

== Théâtre asiatique==

''Article détaillé : [[campagnes du Pacifique (1941-1945)|campagnes du Pacifique]]''

L'expansionisme militaire du Japon ne pouvait plus désormais se réaliser sans détruire la principale menace qui pouvait encore s'opposer à lui dans le Pacifique : la force navale des États-Unis basée à Hawaii. Ceux-ci leur étaient déjà a priori hostiles d'autant qu'avec d'autres pays, les États-Unis avaient appliqué un embargo sur les matières premières. Réemployant la stratégie qui lui avait réussit contre la Russie, le Japon décida de bombarder [[Attaque sur Pearl Harbor|Pearl Harbor]] le [[7 décembre]] [[1941]] par surprise. La flotte fut fortement endommagée mais les porte-avions étaient en mer. Simultanément, l'armée japonaise occupa les possessions françaises, britanniques et américaines d'Asie du sud-est comme l'[[Indochine]], [[Hong Kong]], [[Singapour]] et les [[Philippines]] avec l'intention de prendre les champs pétroliers de [[Malaisie]] et même menacer l'[[Australie]].

En mai [[1942]], la bataille entre porte-avions de la [[Bataille de la Mer de corail|Mer de corail]] tourna à l'avantage des alliés. Un mois plus tard, ce fut accentué par celle de [[Bataille de Midway|Midway]].

Malgré la priorité donnée à la guerre contre l'Allemagne et la détermination de l'armée japonaise, les Alliés reprirent peu à peu les îles du Pacifique comme à [[Guadalcanal]], les Salomons puis les Philippines après la [[bataille du golfe de Leyte]].

L'armée nationaliste du [[Kuomintang]] sous [[Chiang Kai-shek]] et les communistes sous [[Mao Zedong]] firent front commun contre les Japonais mais sans coopérer.
La capture des îles proches du Japon comme [[Bataille d'Iwo Jima|Iwo Jima]] et [[Bataille d'Okinawa|Okinawa]] permit de lancer des attaques aériennes directes. L'Union soviétique déclara la guerre au Japon au début de 1945, attaquant d'abord en Mandchourie. [[Tokyo]] subit un [[Bombardement de Tokyo|bombardement incendiaire]] tandis que [[Hiroshima]] et [[Nagasaki]] (ce devait être Kokura) subirent une [[Arme nucléaire|attaque nucléaire]], provoquant la reddition sans condition du Japon le [[15 août]] 1945, confirmée par la signature des actes officiels le [[2 septembre]] à bord de l'[[USS Missouri]].

== Conséquences historiques ==

La Seconde Guerre mondiale contribua, à travers son bilan plus ou moins préjudiciable aux participants, à l'émergence de deux superpuissances qui allaient se partager le monde : les États-Unis d'Amérique (USA) et l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

La [[Société des Nations]], à laquelle on imputait d'avoir échoué à empêcher la guerre, fut remplacée par l'[[Organisation des Nations unies]]. La charte des Nations Unies fut rédigée à [[San Francisco]] en juin 1945.

La hiérarchie nazie fut jugée et condamnée pour [[crime contre l'humanité|crimes contre l'humanité]] lors d'un [[Procès de Nuremberg|procès international à Nuremberg]].

La recherche scientifique et la technique, dans l'ensemble, bénéficièrent d'une forte impulsion, en particulier pour la maîtrise de l'atome dans le [[projet Manhattan]].

===Conséquences au Royaume-Uni===

Les autres alliés en effet, et si l'on excepte le Royaume-Uni, eurent un rôle mineur ou bien furent écartés des négociations qui aboutirent à la mise en place de deux zones d'influences, suivant les accords de [[Yalta]] et de [[Potsdam]]. Cette situation, qui portait en elle les germes de la [[Guerre froide]], devait durer jusqu'en [[1989]].

Le Royaume-Uni sortit considérablement affaibli de la guerre. Celui-ci, en effet, avait consacré la fin des puissances coloniales. Par la suite, les îles britanniques connurent une crise sans précédent, due à la reconstruction et à la restructuration de son économie.

===Conséquences en France===

Après la [[bataille de Normandie]] le général [[Charles de Gaulle|de Gaulle]] parvint à convaincre les alliés que la France devait avoir une stature complète dans la situation de l’après guerre avec tous les attributs dont l’occupation d’une partie de l’Allemagne, un siège permanent à l’[[Organisation des Nations unies|ONU]], etc.

La [[Libération (histoire)|Libération]] s'accompagna d'une épuration des personnes suspectées à tort ou à raison d'avoir [[collaboration|collaboré]] (une importante proportion fut exécutée sans jugement). La mise à l'écart attendue des communistes qui avaient participé à la Résistance n'eut pas lieu immédiatement : il se forma d'abord un gouvernement d'union, entre communistes et gaullistes d'une part, représentant la Résistance (réunis au sein du [[Conseil national de la Résistance]]), et les radicaux, du centre gauche, regroupant des hommes politiques d'avant-guerre si possible non compromis dans la collaboration.

===Conséquences aux États-Unis d'Amérique===

Les États-Unis d'Amérique prirent l'initiative d'avoir une attitude ''positive''. Ils imposèrent la démocratie, particulièrement au [[Japon]], à travers une épuration et un contrôle des rouages de l'État et de l'éducation. Parallèlement, ils fournirent une aide économique à la reconstruction, connue sous le nom de [[plan Marshall]]. Le plan Marshall, notamment, permit l'achat de haut-fourneaux en France et en Allemagne.

===Conséquences en URSS===

[[Staline]] ne fut pas en reste, du moins dans un premier temps, et prononça la dissolution du Kommintern en [[1943]], puis du parti communiste des États-Unis en [[1944]] (d'après [[Eric Hobsbawm]]).

L'Union soviétique mit en place des régimes qui lui étaient dévoués dans les pays d'Europe centrale y compris dans la partie de l'Allemagne sous son contrôle. La division connue sous le nom de [[rideau de fer]] fut par la suite le théâtre de la [[Guerre froide]].

== Shoah (holocauste) ==

L'expression hébraïque ''[[Shoah]]'' (''anéantissement'') désigne l'extermination en masse, environ 6 millions, des juifs perpétrée par les nazis durant la guerre. D’autres types de population comme les Tziganes, les homosexuels, les communistes, les handicapés, les résistants subirent ce genre de liquidation.

Elle fut essentiellement effectuée par la déportation vers des [[camp d'extermination|camps d'extermination]] construits par les nazis dans lesquels les victimes étaient [[chambre à gaz|gazées]] en masse. Les principaux camps d'extermination étaient [[Auschwitz-Birkenau]] (où périrent plus d'un million de personnes), [[Treblinka]], [[Majdanek]], [[Sobibor]], [[Belzec]] et [[Chelmno]]. Il faut distinguer ces camps des [[camp de concentration|camps de concentration]], dans lesquels malgré une forte mortalité, le but principal n'était pas l'extermination.

== Exactions et crimes de guerre ==

De nombreux massacres de civils ou crimes de guerre furent perpétrés au cours de ce conflit :
* en France (massacres commis par les nazis)
** exécutions d'otages à Ascq, à Tulle, à Châteaubriant, à Paris...
** massacre d'[[Oradour-sur-Glane]]

* en Pologne
** massacre de 5&nbsp;000 officiers polonais à [[Massacre de Katyn|Katyn]], par l'armée soviétique (l'URSS a reconnu sa responsabilité après plusieurs décennies, ayant longtemps accusé les nazis d'être responsables de ce massacre).
** massacre de 10&nbsp;000 autres officiers polonais en d'autres lieux, soit 15&nbsp;000 personnes tuées froidement d'une balle dans la nuque par le NKVD, ancêtre du [[KGB]].

* en Union Soviétique
** 20 millions de citoyens de l'Union Soviétique furent tués, dont un très grand nombre de prisonniers de guerre exécutés par les nazis, et aussi des civils dont les villages et villes furent anéantis

Voir aussi : 
*[[Mémorial des victimes de la Seconde Guerre mondiale]]
*[[Europe sous domination nazie]]

== Expulsion des Allemands d'Europe centrale ==

Il y avait en [[Europe centrale]] ([[Prusse]], [[Tchécoslovaquie]], [[Pologne]] et [[pays baltes]]) des implantations allemandes depuis de nombreux siècles. Les Allemands des [[Sudètes]], qui ont demandé le rattachement à l'Allemagne, avaient servi de prétexte au démantèlement de la Tchécoslovaquie, accordé par les [[Accords de Munich]] en [[1938]].

Après la prise de ces territoires par l'armée soviétique, de nombreux Allemands furent expulsés ou quittèrent ces régions pour l'Allemagne ou l'Autriche, dans des conditions souvent dramatiques.

== Puissance navale des différentes nations en 1939==
